Géologie : Origine
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Massif du Chenaillet:: le collet vert

Falaise de pillows lavas du Chenaillet

Couronne de Variolite d'un pillow

Des variolites à Maguelone

Mer ou Montagne ?

Je suis née il y a 150 millions d'années au fond de l'océan alpin (La Téthys), par solidification de magmas basaltiques en fusion s'épanchant sur les fonds marins, grâce à de grandes failles associées à la dynamique de fonctionnement de ce que les géologues appellent les "vallées axiales" des "dorsales" océaniques . Je me suis d'abord épanchée sous la forme de grandes coulées de lave qui offraient parfois la particularité d'être émises sous l'aspect d'empilements de grands" boudins" (de deux ou trois mètres de long et de 0.30 à 1 m de diamètre) de magma, des "coussins" ou des "traversins", en quelques sorte, appelés "pillow-lavas" (pillow = oreiller en anglais) par les géologues anglo-saxons. Comme le refroidissement de la lave sous marine basaltique ( émise à des températures de l'ordre de 1200 °C) était très rapide et brutal, au contact de l'eau de mer, à la bordure de ces coussins, il se trouve que le magma fut plus rapidement "vitrifié" dans la bordure de ces "pillows" que vers le coeur de ces derniers. C'est dans cette périphérie de quelques centimètres d'épaisseur qu'il se forme, parfois, une myriade de petits glomérules sphérolitiques , millimétriques à centimétriques, constitués de couronnes concentriques ou fibroradiées, plus ou moins simples, de très petits cristaux de "basse température" comme de feldspaths plagioclases comme l'albite ( blanchâtre), des chlorites, des actinolites( verdâtre tous les deux), etc. Ce sont des fragments rocheux de ces bordures de coussins de laves porteurs de ses glomérules qui , une fois érodés (par les mécanismes de l'érosion et du transport dans des torrents puis la Durance, le Rhône et le ressac marin côtier de la Méditerranée), formeront des galets vert-noirâtres spectaculaires par leur " pustules" claires vert pale à blanchâtres simulant l'aspect des sinistres boutons de la variole ..... d'où le de nom de "variolite" donné à ces galets de roche volcanique émises en domaine sous-aquatique. L'inventeur de cette roche fut Alexandre BRONGNIART (1770-1847).
J'aurais dû y rester et y être encore, mais lors de la formation des Alpes, il y a environ 20 millions d'années l'ophiolite a été portée en altitude formant un des hauts sommets alpins, et se voit encore près de Briançon dans le massif du Chenaillet à 3000m d'altitude.
La Durance y prend source et peu à peu les glaciers et l'érosion m'ont détachée puis roulée tout comme de nombreux énormes blocs de roches magmatiques .
De Sisteron à Avignon les berges de la Durance contiennent toujours nombre d'entre nous,mais des tonnes et des tonnes sont toujours piégées dans la plaine de La Crau (ancien delta de la Durance ).

Moi je suis arrivée aprés que le cours de la Durance ne bifurque et rejoigne le Rhône , et c'est par d'anciens bras du Rhône orienté vers l'ouest (bras de St Férréol,de Peccais,de Canavère ou des Tourradons)que j'ai rejoint la mer Méditérranée dont le niveau était bien inférieur à l'actuel et le rivage éloigné de plusieurs kilomètres des plages d'aujourd'hui.
Nous n'étions plus trés nombreuses par rapport aux millions de blocs détachés du "collette verde" ou du Queyras . Le roulage , le charriage et les frottements des autres galets et blocs de pierre avaient gommé nos arètes vives et peu à peu nous étions devenues plus petites , plus légères mais surtout lisses et polies .
C'est alors qu'il y a 6000 ans la fonte des glaciers a fait remonter peu à peu le niveau des mers; les marées ,les courants et les tempêtes repoussant et créant le CORDON LITTORAL.
C'est ainsi qu'associées au grès de Carnon ,aux poudingues , au corail , au sable et à d'autres galets,nous avons formé le lido ou je me trouve aujourd'hui.
Fragile bande de roches et de sable qui sépare ainsi mer et étangs le lido et les lagunes forment désormais un écosystème fondamental dans notre région languedocienne.
Le hasard, les courants et le temps ont fait de nous des privilégiées.
A Maguelone et aux Aresquiers nous sommes les seules "migrantes " à être encore visibles, le sable ayant recouvert partout ailleurs le cordon littoral primitif.
Notre trajet a été long , pour de multiples raisons nous pourrions être ailleurs et pourtant, arrivées à destination nous sommes toutes certaines d'être les plus chanceuses des variolites.

Les variolites de Maguelone
Les connaître...les apprécier.